Leur bilan pour 2008 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
14-01-2009

 

Séverin Brizay (JP Morgan)

L’année 2008 s’inscrit en net retrait par rapport à 2007. Elle peut schématiquement être divisée en deux périodes. Au premier semestre, les opérations d’envergure étaient encore réalisables et « finan-­ çables ». Au second semestre, l’activité a été plus réduite, et se résumait souvent à la conclusion des opérations annoncées. De grandes opérations ont néanmoins été réalisées en France et dans le monde en 2008. JP Morgan est intervenue sur la plupart d’entre elles. Dans le monde des corporates français, l’une des plus grosses transactions a été le rachat de Vin & Sprit par le groupe Pernod Ricard (conseillé par JPMorgan), annoncé au premier semestre et finalisé au cours de l’été. Cette opération est emblématique ; elle représente, en matière de financement, ce que j’appellerais « le monde d’hier » : une acquisition entièrement financée par endettement, avec un niveau de « leverage » élevé (dette nette/Ebitda de 6x). Des deals comme celui-là étaient encore possibles avant l’été. Aujourd’hui, ils sont devenus très difficiles, voire impossibles.
En 2009, la difficulté d’accès au crédit continuera, à mon avis, d’être un sujet dominant, ce qui laisse penser que l’activité pourrait à nouveau être en retrait. Un certain nombre de facteurs devrait néanmoins soutenir l’activité. Premièrement, de nombreuses sociétés confrontées à des problèmes de liquidités vont chercher à céder des actifs.
C’est souvent préférable et plus facile dans l’environnement actuel que d’aller émettre de l’equity, et c’est une bonne réponse aux problèmes d’endettement que peuvent connaître certaines sociétés. Il s’agira d’opérations de rationalisation de portefeuille de taille limitée, comprises pour la plupart entre 500 millions et 1 milliard d’euros.
Deuxièmement, au regard d’une conjoncture économique difficile, les prévisions de croissance des sociétés seront révisées à la baisse. La croissance externe pourra être un moyen de pallier ce déficit. Enfin, un troisième élément de soutien du marché des M&A tient au niveau actuel des valorisations boursières.
De nombreux groupes français ont une structure de bilan saine et pourraient profiter des valorisations attractives pour réaliser des opérations opportunistes, qui pourront être réalisées par exemple par échange d’actions. Le sens stratégique de ces opérations devra néanmoins être très fort.


Robin Rousseau (Goldman Sachs)

La difficulté d’accès au crédit, notamment depuis cet automne, a clairement ralenti l’activité M&A sur 2008. Le dernier semestre est cependant resté actif grâce au secteur bancaire et au secteur énergétique.
Les entreprises sont focalisées sur leur performance opérationnelle face à la crise et sur le maintien d’un bilan sain, ce qui n’est pas propice aux développements stratégiques. Nous voyons cependant de nombreux clients se positionner pour saisir au cours de 2009 des opportunités d’acquisitions à des valeurs dépréciées, vu le niveau actuel des bourses. Les structures de transactions devraient aussi évoluer avec notamment un recours accru aux offres partiellement ou totalement en titres.


Jean-Baptiste Charlet (Morgan Stanley)

Si les volumes d’opérations sont restés soutenus jusqu’a l’été, le marché a très nettement ralenti depuis octobre, en raison du manque de visibilité sur l’économie, des turbulences boursières et de l’absence de financement. Au-delà de ces facteurs, et malgré la volonté de certaines sociétés de profiter du bas de cycle pour faire des acquisitions, peu sont aujourd’hui en mesure de le faire. L’année 2009 s’annonce donc difficile, même si nous verrons certainement de nombreuses opérations, opportunistes ou dictées par des impératifs de restructuration.


Philippe Meunier (BNP Paribas)

L’année 2008 a bien sûr été marquée par une baisse du volume des transactions, consécutive à la crise financière. Dans cet environnement, BNP Paribas est parvenu à renforcer ses positions dans ses métiers de conseil, non seulement en France, mais aussi en Europe et dans certaines régions et secteurs d’activité où nous avons sélectivement choisi de nous développer. C’est le cas notamment en Asie, mais aussi en Europe de l’Est et en Russie. Notre modèle, dans cet environnement moins porteur, a démontré sa solidité et sa pertinence. Cela s’illustre par le fait que des entreprises de tout premier plan, souvent leader dans leur domaine d’activité, se sont l’an dernier appuyées sur BNP Paribas pour réaliser des opérations d’envergure car nous sommes en mesure de leur offrir tous les services dont ils ont besoin (conseil, financement, accès aux marchés de capitaux), et cela sur une base réellement mondiale.
Nous traversons actuellement une crise mondiale et il est évident qu’elle aura un impact sur les activités de fusions-acquisitions. Nous nous attendons donc à ce que les volumes de transactions se contractent en 2009. Pour que les choses s’améliorent, il est nécessaire que les dirigeants d’entreprises aient une meilleure visibilité sur la conjoncture et que les marchés boursiers se stabilisent. Toutefois, des entreprises seront toujours en situation de saisir des opportunités, par exemple en participant à des opérations de consolidation. Surtout, certaines régions devraient continuer à tirer le marché. Je pense à l’Asie et à la Chine en particulier, des zones où nous sommes très présents et où nous avons renforcé notre dispositif. Dans ce contexte de marché, il faut être proche de ses clients. C’est une des caractéristiques des équipes de Corporate Finance de BNP Paribas qui conçoivent le conseil comme une relation de long terme. Nous sommes à l’écoute de nos clients, à leur service. Comme nous avons beaucoup progressé sur nos marchés principaux, et que le groupe dans son ensemble fait partie des banques qui ont le mieux résisté à la tourmente, nous seront toujours à leurs côtés en 2009.


Matthieu pigasse (Lazard)

Après une année 2007 exceptionnelle en termes de volume, l’année 2008 a été marquée par une baisse du marché des fusions-acquisitions. Au premier semestre 2008, le marché mondial des M&A a ainsi accusé un recul de l’ordre de 25 %. Deux principales raisons peuvent expliquer ce recul. Il s’agit, d’abord, de la fermeture des marchés de la dette. En 2008, il est devenu très difficile de lever des financements pour faire des opérations de fusions-acquisitions, ce qui a notamment conduit à un arrêt quasi-complet des opérations de LBO. La deuxième raison de la baisse tient à l’incertitude qui prévaut sur les marchés et aux interrogations sur les évolutions futures. Une des illustrations en est fournie par la volatilité sans précédent des marchés boursiers, qui crée une grande difficulté à appréhender la juste valeur des entreprises. Certes, on peut évaluer un actif par une analyse prospective (« flux futurs ») mais c’est un exercice qui apparaît aujourd’hui délicat compte tenu du ralentissement général de l’activité.
La baisse des marchés crée des opportunités pour les entreprises qui conservent  des bilans sains. Mais celles-ci restent aujourd’hui très prudentes pour les raisons qui viennent d’être évoquées.
Quant aux perspectives 2009, il n’y a pas de changement rapide à attendre. La tendance que l’on a observée en 2008 sera très largement présente en 2009.
Néanmoins, deux types d’activités – moteurs de croissance – se maintiennent. Il s’agit, d’une part, des opérations de consolidation dans le secteur financier, banques et assurances. Je pense à toutes les opérations de « rescue » dans le secteur financier menées aux États-Unis et en Europe qui ont soutenu le marché. D’autre part, l’activité du restructuring qui se développe très fortement aux États-Unis (avec un cadre juridique particulier qui est le Chapter 11) et en Europe, compte tenu du ralentissement de l’économie et de ratios d’endettement devenus excessifs par rapport à la valeur des actifs.
La crise souligne s’il en était besoin la justesse et la robustesse des business model comme le nôtre fondés sur la seule activité de conseil, sans activité de financement, permettant d’éviter tout conflit d’intérêts et d’assurer l’indépendance des conseils donnés.


Richard Thil (Rothschild)

Après une « grande » année 2007, en 2008, Rothschild est revenue à des niveaux d’activité plus proches de 2005/2006. En ce qui concerne 2009, nous avons beaucoup d’activité dans le secteur du FIG. À cet égard, nous avons recruté une partie de l’équipe de Lehman Brothers à Londres, spécialisée dans ce secteur. D’autre part, nos équipes de « restructuring » sont particulièrement occupées. Quant au travail avec les fonds, le robinet du crédit est pour l’instant complètement fermé. Pour 2009, nous avons très peu de visibilité, même si nous avons un grand nombre de dossiers à l’étude. Aujourd’hui, on revient dans des processus de cession « one to one », à l’ancienne. Les processus d’« open bid » ont, quant à eux, disparu.


Pierre-Antoine Saunier (UBS)

L'année 2008 restera une année remarquable par bien des aspects.  Les revenus, bien qu'en baisse, resteront à des niveaux élevés mais leur évolution aura été remarquable: pendant la première moitié de l'année, nous avons assisté à une continuation des transactions M&A de taille significative ainsi qu'à des opérations de levée de capital pour les banques puis après la faillite de Lehman Brothers, à une intensification de la crise financière et économique entraînant de nombreuses opérations de sauvetage et la recherche assidue de sources de financement.
L'incertitude restera probablement d'actualité pour une bonne partie de l'année 2009 et par conséquent, nous anticipons le maintien du ralentissement du flux d'activités.  Pour autant, quelques opérations de grande envergure devraient voir le jour, principalement en titres, ainsi que des opérations de prises de participation minoritaire ou quelques cessions forcées pour des entreprises en quête de liquidités.


Jean-Michel Steg (Citi)

Le marché français 2008 a été caractérisé par une activité soutenue des grands clients corporate français, notamment à l’international, qui a en partie compensé le ralentissement des transactions des fonds d’investissement. Dans un tel contexte, Citi a pu faire bénéficier ses clients de son réseau international très dense et de l’expertise de ses groupes sectoriels mondiaux.
2009 devrait marquer le retour des fonds d’investissement, notamment ceux spécialisés dans les opérations de retournement ou de restructuration, et la poursuite des opérations de consolidation européenne des secteurs financiers, immobiliers ou énergétiques.


Jérôme Calvet (Lehman Brothers/Nomura)

L’année 2008 a été marquée en France par une bonne résistance du secteur des fusions-acquisitions avec des opérations variées comme la fusion Suez-GDF, le LBO de Converteam, et l’achat de Citibank Germany par le Crédit Mutuel.
L’année 2009 devrait être également importante dans un cadre renouvelé avec des opérations plus cousues main pour tenir compte de l’environnement et de situations individuelles plus complexes. L’équipe de Nomura, inchangée à Paris par rapport à celle de Lehman en investment banking, a l’ambition de participer activement aux opérations à venir.


Pierre-Arnaud de Lacharrière (Hawkpoint)

La faillite de Lehman Brothers en septembre dernier a entraîné une réelle rupture sur le marché des fusions-acquisitions, tant du côté des fonds d’investissement que de celui des entreprises. À titre d’illustration, alors que des LBO supérieurs au milliard d’euros comme ceux de Converteam ou de Cegelec étaient encore envisageables lors du premier semestre 2008, le marché du financement est aujourd’hui fermé pour des transactions d’une telle ampleur.
Les perspectives 2009 pour ces deux catégories d’acteurs sont aujourd’hui assez opposées. Les fonds d’investissement, premières victimes du tarissement de la dette LBO, sont en outre confrontés aux difficultés opérationnelles de leurs participations et aux ruptures de covenants bancaires pour les plus touchées.
Grands animateurs du marché ces dernières années, les fonds d’investissement devraient donc se concentrer cette année sur la gestion et l’optimisation des sociétés en portefeuille plutôt que sur des opérations d’achat.
Quant aux entreprises, malgré les perspectives de consolidation de certains secteurs et les niveaux de valorisation plus intéressants, elles ont adopté un comportement plus attentiste. Elles restent à l’affût d’opportunités, mais considèrent toutefois que les baisses de valorisation ne sont pas encore terminées. Le mouvement de rachat de sociétés sous LBO par des industriels devrait néanmoins se poursuivre.
Nous nous attendons donc à un marché des fusions-acquisitions 2009 difficile, au moins jusqu’à la fin du premier semestre, tributaire de l’ampleur de la crise économique et de son impact sur les résultats des entreprises. Les ventes aux enchères classiques seront moins nombreuses et plus complexes à finaliser, alors que plusieurs opérations sur des entreprises en difficulté ou des institutions financières animeront sûrement le marché.
En ce qui concerne Hawkpoint, nous sommes positionnés sur un certain nombre de situations intéressantes mais leur probabilité de réalisation est plus aléatoire que celle de l’année dernière à la même époque.


Nicolas de Canecaude, Head of M&A France (ABN Amro)

Après une extraordinaire année 2007, les équipes M&A de RBS (ex-ABN AMRO) ont connu une année 2008 positive avec le closing de très importantes opérations (fusion Gaz de France Suez, rachat de Hagemeyer par Sonepar et Rexel...).
En 2009, le contexte du marché des fusions acquisitions rendu difficile par la situation des marchés de crédits et l’extrême volatilité, devrait être compensée par les effets positifs des synergies créées par l’intégration du business M&A au sein des activités de RBS en France.


Fady Lahame (Crédit Suisse)

L’année 2008 aura été marquée par une réduction significative du volume des opérations de fusions-acquisitions en France.
Les opérations transfrontalières continuent à représenter une partie importante du marché qui s’est concentré sur les secteurs de l’énergie et de la finance.
Compte tenu des incertitudes que présente l’environnement économique actuel et la quasi-paralysie des marchés du crédit, un certain attentisme semble appelé à prévaloir, au moins sur le premier semestre de l’année 2009.


Philippe Guezenec (Close Brothers)

Le marché du M&A en 2008 s’est caractérisé par la raréfaction de la dette disponible accentuant la dichotomie entre les acquéreurs industriels et les financiers. Dans cet environnement perturbé qui a vu plusieurs transactions être repoussées, Close Brothers va malgré tout réaliser une bonne année 2008 avec plusieurs opérations structurantes telles que celles sur Maisons du Monde, Labco, Générale de Protection ou Benedicta. Notre réseau international nous donne de plus une forte proximité avec les grands groupes toujours actifs en matière de croissance externe (tout en étant très sélectifs). L’année 2009 sera marquée par la nomination de nouveaux associés pour accompagner notre croissance sur certains secteurs de l’économie et la poursuite du développement de notre équipe « restructuring » qui est de plus en plus sollicitée.


Damien Bachelot (Aforge Finance)

Pour l’exercice 2008 : Aforge Finance a conseillé une vingtaine d’opérations depuis le début de l’année. Au premier semestre 2008, l’activité était presque aussi soutenue que sur le premier semestre 2007, qui a été une année particulièrement dynamique. Nous avons assisté à un très net ralentissement de notre marché sur la seconde partie de l’année, mais nous avons finalisé plusieurs opérations industrielles et de LBO depuis septembre 2008.
Pour l’exercice 2009 : L’année 2009 s’annonce difficile. Sur notre segment de clientèle, les estimations de prix entre acheteurs et vendeurs sont encore très divergentes. Mais il y a et il y aura une adaptation du fait de la crise économique. Les acteurs ont aujourd’hui une visibilité très réduite, mais nous croyons que, passé un certain stade, le rebond peut intervenir plus vite qu’attendu.


Mark Wyatt (KPMG Corporate Finance)

Bilan marché du M&A 2008 : La fin d’année 2008 s’est caractérisée par un allongement du temps nécessaire à la réalisation des opérations et un net ralentissement des transactions avec les fonds d’investissement. Ce phénomène est lié principalement au durcissement des conditions de financement et à l’incertitude sur les résultats des entreprises. De plus, l’écart entre les attentes de prix des acheteurs et celles des vendeurs s’est accru tout au long de l’année. Cependant, l’activité de cession ou d’acquisition avec les industriels est restée relativement soutenue, notamment sur le small et mid-cap, notre segment d’intervention historique.
Perspectives 2009 pour le marché et KPMG CF : Pour 2009, ces conditions de marché devraient perdurer, avec un accès au crédit toujours difficile. Nous anticipons une augmentation des dossiers d’entreprises en difficulté, du fait d’une activité qui se ralentit (comme dans le secteur automobile), ou du ralentissement économique qui tend la situation financière et fait casser les covenants bancaires. Dans ce contexte, le marché des fusions-acquisitions sera probablement tiré par des cessions d’activités non stratégiques de la part des industriels qui souhaitent améliorer leur cash flow, et par des sorties très ciblées du côté des fonds d’investissement. Certains acheteurs industriels pourront toutefois profiter de la baisse des prix pour prendre des positions stratégiques. Les fonds d’investissement quant à eux se positionneront plutôt sur des dossiers de capital-développement ou de retournement, avec des effets de levier plus faibles. Notre équipe spécialisée sur les dossiers de retournement restera donc sûrement très sollicitée en 2009. Nous continuerons par ailleurs à développer d’autres relais de croissance, tels que notre pôle « Financements structurés » ou encore nos activités d’évaluation ou de « Debt Advisory », très pertinentes dans le contexte actuel. Enfin, l’appartenance à un réseau mondial représente un bon levier pour intervenir de manière croissante sur les opérations transfrontalières.


Vincent Paul-Petit (Ernst & Young)

2008 était pour nous une très belle année, car elle marque une montée en puissance de notre équipe. S’agissant du marché, c’était une année plus que contrastée, avec un premier semestre très actif, et un second semestre marqué par les événements qui secouent le monde, le monde financier d’abord, mais celui de l’« économie réelle » de plus en plus.
Notre stratégie, qui consiste à avoir des pôles d’excellence sectorielle internationaux, a montré sa pertinence cette année sur  trois secteurs : recyclage (opérations Paprec et Boone Comenor), packaging (Radici Film) et énergie (Solenha et Energeos).
Actuellement, Ernst & Young Corporate Finance développe une équipe sectorielle dédiée au marché de l’immobilier. Les difficultés du secteur ouvrent aussi un nouvel horizon de besoins de conseils en matière de fusions & acquisitions.
Les deux tiers de notre activité ont été réalisés au premier semestre. Au cours du second semestre, nous avons néanmoins réussi à mener à bien de belles opérations, notamment le LBO sur Experian France, une de rares opérations récentes de buy-out de taille importante. Notre expertise sectorielle et notre équipe Financement ont été déterminantes sur cette opération complexe.
Aujourd’hui, nous suivons de belles opérations, avec néanmoins une vraie interrogation sur la façon dont elles pourront trouver une liquidité. Nos relations avec les investisseurs d’Extrême ou du Moyen-Orient offrent un bon relais aux fonds d’investissement aujourd’hui en panne de crédits.
Nous traitons également un certain nombre d’entreprises en difficulté, activité sur laquelle Ernst & Young est historiquement bien positionné. Il s’agit en particulier d’opérations urgentes ou complexes.
Si j’ai toujours une vraie incertitude sur ce qui va se passer au premier semestre 2009, j’ai aussi le sentiment que l’on a touché le fond début novembre en termes de niveau d’activité. On peut imaginer un rebond de l’activité M&A à partir du deuxième trimestre 2009. D’une façon générale, les acteurs des fusions et acquisitions ont besoin d’un environnement « prédictible » à quelques mois au minimum, chose que l’on n’avait pas au dernier trimestre. Je crois qu’aujourd’hui on retrouve un peu de sérennité.
Dans le contexte actuel difficile, Ernst & Young s’appuie sur ses atouts spécifiques et notamment son réseau international. En 2009, on devrait observer un renforcement de l’importance des investisseurs des grands pays émergents, comme l’Inde, la Chine ou le Moyen-Orient. Le M&A « mid cap » est le champ naturel des Big 4 qui occupent quatre des cinq premières places en Europe en termes de nombre de transactions. La conjoncture actuelle devrait encore renforcer cette situation.


Dominique Evrard et Charles Bédier (Deloitte Finance)

En 2008, le marché a connu un ralentissement des opérations de M&A ainsi qu’une diminution de la taille des opérations par rapport aux deux années précédentes. Le manque de visibilité sur l’activité économique dans son ensemble pour l’année à venir, les écarts de valorisation entre acheteurs et vendeurs, le manque de financement pour les transactions de type LBO portent atteinte à une reprise significative des activités M&A en 2009. Dans ce contexte, il est à craindre que le marché des transactions soit animé majoritairement par des entreprises qui sont dans la nécessité de céder des actifs et des opérations de type « distressed M&A », ces actifs appartenant principalement au « middle market ». Il faut cependant espérer qu’à la lumière d’une légère reprise économique en 2009, les opérations qui ont été suspendues ou annulées en 2008 puissent voir le jour.
Sur cette année, Deloitte Finance a conforté sa position d’intervenant majeur sur le segment des « small to mid caps », avec douze transactions réalisées en France. Sur le plan européen, Deloitte maintien sa position de leader en nombre de deals.
Nous restons confiants pour 2009 : en effet, nous bénéficions d’un plateforme de services totalement adaptée au contexte actuel : la capacité à détecter les opportunités en amont, une équipe pluridisciplinaire capable d’accompagner nos clients dans la gestion de leur besoin en fonds de roulement et de leur trésorerie, la sécurisation de leurs financements, la cession de leurs actifs, la levée de fonds, la restructuration d’entreprises en difficultés, l’évaluation d’actifs, l’amélioration de la performance et la réduction de coûts, l’accompagnement dans les transactions (due diligence acheteur ou vendeur, synergies, intégration, séparation), sans oublier l’appui de notre réseau mondial puissant sur tous ces métiers.




 
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