| Leur bilan pour 2007 |
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| 18-01-2008 | |||||||
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Les analystes financiers commentent l'année 2007... Fady Lahame - Managing Director, Credit Suisse « 2007 aura été une année particulièrement active, notamment portée par une augmentation des opérations transfontalières, dans un contexte de croissance économique indiscutable. En dépit du ralentissement observé au cours du second semestre, l’année reste marquée par le développement de réflexions stratégiques qui devraient aboutir sur des opérations majeures constituant un “pipeline” de grande qualité pour les prochains mois, sans compter les opportunités d’acquisition que présentent, pour certains acteurs désormais à l’affût, l’évolution récente des marchés boursiers. Toutefois, compte tenu des incertitudes que présente l’environnement économique actuel, un certain attentisme semble appelé à prévaloir, au moins sur le premier semestre de l’année 2008. »
Claude Le bescond - CFO Global Investment Banking, Calyon « Malgré l’absence de transaction majeure réalisée en France en 2007, contrairement à 2006 qui avait vu Mittal prendre le contrôle d’Arcelor, le marché des fusions-acquisitions a été très actif en 2007. Toutefois, la crise de l’été 2007 a clairement interrompu la dynamique de croissance : l’activité des fonds d’investissement a marqué une pause, le temps qu’ils s’adaptent à la nouvelle donne en matière de financement… et de cessions au sein de leurs portefeuilles. Je ne doute pas qu’ils sauront s’adapter et que l’activité reprendra, mais avec des acquisitions moins “leveragées”. Aujourd’hui, l’incertitude domine : le robinet des financements, s’il n’est pas fermé, a vu son débit se réduire fortement, le ralentissement de l’activité économique est anticipé mais le niveau de ce ralentissement prête à débat, et l’évolution des indices boursiers est erratique. Pourtant, les tendances lourdes des concentrations pour les entreprises sont là :– nécessité de répondre aux challenges de la mondialisation et de la dérégulation ; – nécessité de trouver des relais de croissance dans des zones économiques plus dynamiques, ou dans de nouvelles activités. Certaines entreprises font d’une pierre plusieurs coups : Lafarge, que Calyon a conseillé pour l’acquisition d’Orascom Cement, se renforce sur des marchés dynamiques, et l’entrée de la famille Sawiris à son capital renforce sa structure actionnariale. Deal idéal, en quelque sorte. Car, hormis le cas des banques et des assurances, la capacité bénéficiaire et financière des entreprises n’est pour l’instant pas affectée. Les entreprises ont de la trésorerie et les banques sont toujours là pour leurs bons clients. Ces entreprises, qui raisonnent par rapport à leur vision stratégique, n’hésiteront pas à saisir une opportunité quand elle se présentera, et les conditions de marché actuelles peuvent aussi générer de nombreuses opportunités. Il est difficile de faire des prévisions sur 2008 mais on peut penser que la crise financière pourrait dégager des opportunités et donc des deals dans le secteur financier et que, une fois les échéances électorales passées, certains dossiers concernant des entreprises publiques vont ressurgir: Areva, Safran, Thales… Le dossier Suez/GDF devrait enfin se clore. Dans le secteur des énergies renouvelables, la recherche de relais de croissance et de diversification des grands acteurs va se poursuivre, à l’instar de l’acquisition par Suez de 51 % de La Compagnie du Vent, où Calyon conseillait celle-ci. Enfin, le secteur des Télécoms et de la Technologie, assez peu présent en 2007, devrait voir quelques opérations émerger compte tenu du contexte : rentabilité très différente des opérateurs télécoms dans les marchés émergents et développés, impact de la crise sur les sociétés technologiques les moins solides... Calyon, pour sa part, devrait continuer à progresser dans ces métiers en s’appuyant sur les renforcements de nos équipes effectués récemment, en termes de couverture tant sectorielle que géographique. Notre track-record, notre présence au Moyen-Orient, en Asie avec CLSA, et notre expérience dans le secteur des énergies renouvelables nous positionnent clairement pour accompagner au mieux nos clients dans leurs développements stratégiques.» Pierre-Arnaud de Lacharrière - Managing Director, Hawkpoint « Le marché des fusions-acquisitions en 2008 dépendra de l’ampleur de la propagation de la crise financière actuelle à la sphère économique. Les fonds d’investissement, qui ont levé beaucoup d’argent et ont donc la volonté d’acquérir de nouveaux actifs, connaissent plus de difficultés à financer leurs acquisitions, en particulier sur les transactions supérieures au milliard d’euros. Quant aux industriels, leur appétit ne se dément pas. Il est vrai qu’au cours des trois dernières années ceux-ci ont souvent été moins compétitifs que les financiers. Dans le marché actuel, nous ne serions pas surpris de voir plusieurs sociétés sous LBO retourner dans le giron de groupes industriels, qui bénéficient aujourd’hui de marges restaurées et de bilans assainis. »Damien Bachelot - Coprésident et responsable de l’activité Corporate Finance, Aforge « Avec 37 opérations finalisées sur 2007, nous avons réalisé une très belle année avec une activité soutenue dans l’ensemble de nos secteurs d’expertise et plus particulièrement dans le domaine des Médias et de la Santé, et une accélération du nombre d’opérations transfrontalières, avec une transaction sur trois réalisée avec des partenaires internationaux. Ces bonnes performances ont été atteintes malgré une deuxième partie de l’année tendue en raison de la crise du subprime.Les volumes de transaction devraient s’afficher en recul sur le premier semestre 2008, et un éventuel rebond n’est pas à anticiper avant le deuxième semestre. Il existe toutefois de nombreuses opportunités de consolidation dans certains secteurs. En ce qui nous concerne, nous disposons actuellement d’un bon portefeuille de transactions, mais elles seront sans doute plus complexes à sortir. » Jérôme Calvet - Managing Director, Head of Investment Banking Division France, Lehman Brothers « Dans
un marché contrasté, Lehman Brothers s’affirme en France comme un
conseil privilégié pour les opérations de fusions-acquisitions, tant de
nature domestique qu’internationale, et poursuit son expansion en
renforçant ses relations avec les principales entreprises françaises.
Malgré les turbulences de cette fin d’année, notre niveau d’activité
demeure très fort et nous tablons sur une croissance de notre volume de
transactions au cours de l’année 2008. » Vincent Paul-Petit - Associé responsable de l’activité Corporate Finance, Ernst & Young « 2007 a incontestablement été une année active. Le dynamisme des fonds d’investissement et des industriels a conduit – pendant la première partie de l’année – à des niveaux de valorisation motivants pour les cédants… C’était une très bonne année pour Ernst & Young, avec de belles transactions dont certaines sont encore en cours... L’année 2008 sera probablement placée sous le signe d’interrogation du fait de la difficulté liée au crédit. En ce qui nous concerne, cette situation ne nous effraye pas pour la partie fusions & acquisitions d’Ernst & Young car nous sommes historiquement très présents sur les deals « primaires » et sur les opérations corporate. Aujourd’hui, nous sommes assez peu touchés par la crise du crédit. Le flux est soutenu pour notre activité car les industriels restent actifs. Nous observons une dynamique extrêmement positive dans certains secteurs d’activité, dont ceux de l’énergie, de l’environnement, des médias, des télécoms, de la technologie. Une partie de notre activité est consacrée aux opérations “complexe”, “spéciales” où il y a une dynamique particulière. Il s’agit des opérations pour les entreprises en difficulté, des opérations difficiles en général. On trouve des contreparties pour ces actifs difficiles à acquérir. Je pense que l’année 2008 sera pour Ernst & Young aussi bonne que 2007, voire meilleure. » Philippe Meunier – BNP Paribas« 2007 aura été une année très active – en particulier le premier semestre – avec beaucoup de transactions. Même si une légère baisse du volume de transactions pourra, sans doute, être constatée par rapport à 2006. Cette référence est élevée puisqu’en 2006, le marché français a connu de très gros deals dont le plus important, Arcelor/Mittal. Même si de nombreuses transactions importantes ont eu lieu en 2007, il n’y a pas eu de jumbo deal.
Parmi les deals de taille citons AGF/Allianz, Numico/Danone, Euronext/Nyse, sur lesquels BNP Paribas est intervenu en tant que conseil… Il faut également mentionner Rodamco/ Unibail, Danone division biscuits/Kraft Foods et bien sûr l’opération Suez/GDF, annoncée en 2006 et qui sera terminée en 2008. Cette opération pour laquelle nous conseillons Suez s’est débloquée et a trouvé sa concrétisation en termes de structure de deal en 2007. Le marché a été très animé dans de nombreux secteurs, notamment ceux de l’assurance, des consumer goods, de l’énergie, de l’environnement… Durant les sept premiers mois de 2007, les equity sponsors ont été très actifs, avec notamment, parmi les opérations que BNP Paribas a conseillées, l’acquisition de TDF par TPG et AXA Private Equity, celle d’OGF par Astorg Partners ou encore celle de Lafarge Roofing et de Kaufman & Broad par PAI Partners… En revanche, aujourd’hui, les gros LBO ne sont plus envisageables. Néanmoins, il y a toujours des opérations de buy-out sur les small et mid cap […]. Quant aux opérations réalisées par les corporate, leur nombre reste significatif. L’annonce du deal Hagemeyer en octobre – en pleine crise financière – en est la preuve. Le marché des small et mid cap aura été excellent en 2007, avec une collection de transactions significatives. » Quant aux prévisions 2008, « aujourd’hui, nous avons toujours beaucoup de dossiers. Mais on craint tout de même les effets de la crise financière sur les taux de croissance américains et européens, et bien sûr sur les capacités de levée de la dette. Cette crise pourrait donc avoir un impact sur le marché des M&A en 2008 qui ne soit pas limité aux gros LBO ». Jean-Baptiste Charlet - Managing Director, Morgan Stanley Investment Banking Division« Le marché des fusions et acquisitions s’est incontestablement ralenti au deuxième semestre 2007, entre autres du fait du coup d’arrêt des LBO. Cependant, nous notons aussi qu’une grande partie des principaux acteurs français, qui se sont souvent construits par opérations de fusions et acquisitions successives, ont été absents du marché cette année ; citons en exemple Total, Sanofi ou les grands réseaux bancaires. L’année 2008 s’avère incertaine. Les conséquences de la crise du sub-prime continueront de se faire sentir, avec un marché des gros LBO qui reviendra graduellement, mais pas avant le deuxième semestre, et le secteur bancaire qui devrait être calme tant que les bilans ne seront pas stabilisés. à l’inverse, nous pourrions voir des restructurations industrielles dans des secteurs tels que l’énergie, l’aérospatial ou la défense. » Thierry d’Argent – JP Morgan« Les impératifs stratégiques de consolidation restent entiers, voire s’accélèrent, dans de nombreuses industries. Dans les marchés actuels, les opportunités d’acquisition sont nombreuses et les acteurs prêts à les saisirs. Le marché est très actif ; notre pipeline est plus important et de meilleure qualité que début 2007. » Rischard Thil – Rothschild« 2007 aura été la plus belle année pour Rothschild en termes de rentabilité. Mais nous sommes prudents pour l’exercice 2008 car les opérations large cap deviennent de plus en plus rares et nous n’avons pas beaucoup de visibilité. Quant aux opérations de mid cap, elles prennent plus de temps, même si elles restent très présentes. Depuis deux ans, les deals se faisaient un peu trop rapidement… Aujourd’hui, on laisse du temps au temps pour réaliser les opérations : les banques de financement prennent du temps pour étudier un dossier avant de se prononcer. Nous avons toujours beaucoup d’opérations mid cap que l’on gère avec beaucoup de calme, sans précipiter les choses… Je pense que les fonds d’investissement spécialisés vont avoir une place de plus en plus importante. Lorsqu’ils réalisent une acquisition, ces fonds – qui connaissent bien le secteur et ses sous-jacents – valorisent une affaire comme un industriel… tout en tenant compte des effets synergétiques. Ces fonds sont capables d’abîmer facialement leur TRI en mettant plus de fonds propres dans l’opération. Ils ont une logique industrielle. La spécialisation leur donne un regard plus pointu sur les affaires. » Nicolas de Cannecaude et Jean-Marc Dayan co-head ABN AMRO Corporate Finance France
Jean-Michel Steg Directeur général de Citi Investment Banking France « Le marché français s’est caractérisé cette année par une très forte proportion de transactions transnationales, illustrant non seulement la mondialisation croissante des échanges mais aussi le dynamisme de la croissance externe des industriels français et l’attractivité de la France. Dans un marché français des fusions-acquisitions en légère hausse, Citi est la seule banque dont les volumes de transactions annoncées sont en croissance en 2007, en conséquence d’une politique de développement ambitieuse du bureau parisien. Il est intéressant également de noter que l’intégralité des transactions annoncées cette année par Citi ont une composante internationale : l’empreinte mondiale de nos clients reflète souvent la nôtre et nous pouvons ainsi mieux les accompagner pour toutes leurs opérations, notamment dans les pays émergents. Parmi les grandes tendances de l’année 2008, l’internationalisation continue et le développement de l’activisme d’investisseurs spécialisés devraient marquer les opérations de fusions-acquisitions en France. Nous anticipons également une croissance soutenue de notre activité à destination et en provenance des pays émergents. » UBS Charles-Henri Le Bret Managing Director, Head of Investment Banking France « L’année 2007 comptera parmi les meilleurs millésimes, avec un volume d’opérations très important. Si le marché s’est nettement ralenti au deuxième semestre, les six premiers mois de l’année ont été excellents. En 2008, les transactions entre industriels devraient se poursuivre, l’attentisme étant toujours de rigueur pour les opérations impliquant des fonds ou des niveaux d’endettement très importants. » Pierre-Antoine SaunierManaging Director, Investment Banking Department « Nous avons rempli en 2007 notre objectif de rester parmi les acteurs les plus influents sur le marché des opérations de taille majeure et complexes. Nous avons conseillé notamment Bain Capital sur la cession de SigmaKalon à PPG, Saint-Gobain sur l’acquisition de Maxit ou encore Rodamco Europe lors de sa fusion avec Unibail. » |
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« 2007 aura été une année particulièrement active, notamment portée par une augmentation des opérations transfontalières, dans un contexte de croissance économique indiscutable. En dépit du ralentissement observé au cours du second semestre, l’année reste marquée par le développement de réflexions stratégiques qui devraient aboutir sur des opérations majeures constituant un “pipeline” de grande qualité pour les prochains mois, sans compter les opportunités d’acquisition que présentent, pour certains acteurs désormais à l’affût, l’évolution récente des marchés boursiers. Toutefois, compte tenu des incertitudes que présente l’environnement économique actuel, un certain attentisme semble appelé à prévaloir, au moins sur le premier semestre de l’année 2008. »

« Malgré l’absence de transaction majeure réalisée en France en 2007, contrairement à 2006 qui avait vu Mittal prendre le contrôle d’Arcelor, le marché des fusions-acquisitions a été très actif en 2007. Toutefois, la crise de l’été 2007 a clairement interrompu la dynamique de croissance : l’activité des fonds d’investissement a marqué une pause, le temps qu’ils s’adaptent à la nouvelle donne en matière de financement… et de cessions au sein de leurs portefeuilles. Je ne doute pas qu’ils sauront s’adapter et que l’activité reprendra, mais avec des acquisitions moins “leveragées”. Aujourd’hui, l’incertitude domine : le robinet des financements, s’il n’est pas fermé, a vu son débit se réduire fortement, le ralentissement de l’activité économique est anticipé mais le niveau de ce ralentissement prête à débat, et l’évolution des indices boursiers est erratique. Pourtant, les tendances lourdes des concentrations pour les entreprises sont là :
« Le marché des fusions-acquisitions en 2008 dépendra de l’ampleur de la propagation de la crise financière actuelle à la sphère économique. Les fonds d’investissement, qui ont levé beaucoup d’argent et ont donc la volonté d’acquérir de nouveaux actifs, connaissent plus de difficultés à financer leurs acquisitions, en particulier sur les transactions supérieures au milliard d’euros. Quant aux industriels, leur appétit ne se dément pas. Il est vrai qu’au cours des trois dernières années ceux-ci ont souvent été moins compétitifs que les financiers. Dans le marché actuel, nous ne serions pas surpris de voir plusieurs sociétés sous LBO retourner dans le giron de groupes industriels, qui bénéficient aujourd’hui de marges restaurées et de bilans assainis. »
« Avec 37 opérations finalisées sur 2007, nous avons réalisé une très belle année avec une activité soutenue dans l’ensemble de nos secteurs d’expertise et plus particulièrement dans le domaine des Médias et de la Santé, et une accélération du nombre d’opérations transfrontalières, avec une transaction sur trois réalisée avec des partenaires internationaux. Ces bonnes performances ont été atteintes malgré une deuxième partie de l’année tendue en raison de la crise du subprime.
« 2007 a incontestablement été une année active. Le dynamisme des fonds d’investissement et des industriels a conduit – pendant la première partie de l’année – à des niveaux de valorisation motivants pour les cédants… C’était une très bonne année pour Ernst & Young, avec de belles transactions dont certaines sont encore en cours... 




« Le marché français s’est caractérisé cette année par une très forte proportion de transactions transnationales, illustrant non seulement la mondialisation croissante des échanges mais aussi le dynamisme de la croissance externe des industriels français et l’attractivité de la France. Dans un marché français des fusions-acquisitions en légère hausse, Citi est la seule banque dont les volumes de transactions annoncées sont en croissance en 2007, en conséquence d’une politique de développement ambitieuse du bureau parisien.
Charles-Henri Le Bret
Pierre-Antoine Saunier